Mame Fatou Mbacké-And Suxali Sénégal (Mali): «J’étais déjà au service de la communauté sénégalaise bien avant la politique»

 

Des confrères de la presse bamakoise l’appelaient déjà «l’éducatrice Sénégalaise au service de la communauté». Mais son entrée inattendue en politique a surpris la coalition au pouvoir qui devra affronter cette fille de Touba résidente au Mali depuis environs une vingtaine d’années.

«C’est nos adversaires de Bennoo qui doivent maintenant s’inventer un programme et trouver un difficile slogan, car être au service des Sénégalais c’est déjà une tâche naturelle 

à laquelle je suis dévolue par mon éducation religieuse et j’en ai toujours fait un sacerdoce », lance Mame Fatou Mbacké qui précise que sa candidature, malgré les critiques, a un seul objectif : «servir plus efficacement les Sénégalais du Mali et porter leurs doléances là où les choses se décident»

Mame Fatou Mbacké nous a reçu (ndlr Envoyé Spécial) entre deux feux : sa trentaine d’élèves du daara qu’elle consacre à l’éducation des enfants sénégalais comme maliens et les audiences qui se multiplient en cette veille de campagne électorale déjà bien animée à Bamako.

Cette dame est venue de Kayes pour rencontrer la candidate avec une forte délégation : « J’ai toujours critiqué les marabouts qui se mêlent de politique, mais si le travail du député est de s’occuper des Sénégalais et de leurs doléances, Sokhna Mame Fatou est déjà élue par son action et le travail social qu’elle a toujours effectué sans rien attendre de l’Etat », dit-elle dans une salle d’attente avec des délégations venues de Sikasso, Koulikoro et ailleurs dont de nombreux cadres sénégalais établis au Mali.

Certains d’entre-eux se posent, néanmoins, la question de la pertinence d’une telle descente en politique de Mame Fatou Mbacké pourtant parmi les « identités remarquables de la communauté sénégalaise au Mali amies avec toutes les confréries» comme dit ce jeune banquier membre de son équipe de campagne.

Mais pour la fille de Gouye Mbinde et de Darou Khoudoss qui dit avoir « grandi chez les tidianes », « servir la communauté sénégalaise, défendre les faibles et porter les doléances des Sénégalais à l’Assemblée nationale est la continuité d’une mission naturelle assurée depuis plus de deux décennies » se défend-elle contre ses détracteurs.

Envoyé Spécial

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